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Derrière le pseudo de Yasmina Khadra se trouve un ancien officier de l'armée algérienne, de son vrai nom, Mohammed Moulessehoul. Aprés 36 ans de service, il se retire et se consacre à l'écriture. C'est en 2001 qu'il arrive en France avec sa famille et qu'il publie L'écrivain. En 2005, il accéde à la renommée avec L'attentat qui est retenu par les jurys des Prix Goncourt et Renaudot et reçoit le Prix des Libraires en 2006.


* Khadra, Yasmina, L'écrivain, Pocket, 2003. Cote : R KHA

De Yasmina Khadra, on ne connaissait que le pseudonyme et les livres. De son passé, rien. Il aura fallu attendre la publication de "L'Ecrivain", son dernier roman largement autobiographique, pour comprendre qui il est : "Enfance évincée, adolescence confisquée, jeunesse compromise". Né en 1955 à Kenadsa, le petit Mohammed n'a que neuf ans lorsque son père décide de son avenir. Sans son consentement, il le conduit en silence à travers les routes éprouvantes de Tlemcen et l'abandonne "pour son bien" entre les mains de l'armée. A l'école des cadets d'El Mechouar, Mohammed Moulessehoul n'aura dès lors qu'un seul rêve, qu'une seule passion : devenir écrivain.
Moulesshoul devenu Khadra pour des raisons de sécurité - on n'écrit pas sur la tragédie de l'Algérie sans prendre des précautions - fait face à son irrésolution de gamin qui n'assumera que très tard son plus grand désir. L'officier tire aujourd'hui sa révérence et laisse enfin s'épanouir l'écrivain.


* Khadra, Yasmina, L'attentat, Pocket, 2006.  Cote : R KHA
L'attentat
Tel-Aviv. Un “fils de Bédouin” naturalisé israélien est parvenu à s’imposer comme un brillant chirurgien membre de l’élite médicale universitaire. Un jour, sa vie bascule alors qu’il se trouve sur les lieux où vient d’être commis un attentat meurtrier. L’horreur habituelle : hurlements, sang, mort d’innocents. Comment supporter l’immersion directe au cœur d’un mal qu’on imagine toujours réservé aux autres ou que l’on connaît par médias ou témoignages interposés ? Surtout lorsque c’est l’un de vos proches qui a commis le crime en se transformant en kamikaze, sans soupçon possible, sans logique possible, sans justification possible…

* Khadra, Yasmina, Les hirondelles de Kaboul, Pocket, 2004. Cote : R KHA
Les hirondelles de Kaboul
Dans les ruines brûlantes de la cité millénaire de Kaboul, la mort rôde, un turban noir autour du crâne. Ici, une lapidation de femme, là un stade rempli pour des exécutions publiques. Les Taliban veillent. La joie et le rire sont devenus suspects. Atiq, le courageux moudjahid reconverti en geôlier, traîne sa peine. Toute fierté l'a quitté. Le goût de vivre a également abandonné Mohsen, qui rêvait de modernité. Son épouse Zunaira, avocate, plus belle que le ciel, est désormais condamnée à l'obscurité grillagée du tchadri. Alors Kaboul, que la folie guette, n'a plus d'autres histoires à offrir que des tragédies. Quel espoir est-il permis ? Le printemps des hirondelles semble bien loin encore...

* Khadra, Yasmina, Ce que le jour doit à la nuit, Julliard, 2008. Cote : R KHA
Ce que le jour doit à la nuit
« Accroupi sur un amas de pierraille, les bras autour des genoux, il regardait la brise enlacer la sveltesse des chaumes, se coucher dessus, y fourrager avec fébrilité. Les champs de blé ondoyaient comme la crinière de milliers de chevaux galopant à travers la plaine. C’était une vision identique à celle qu’offre la mer quand la houle l’engrosse. Et mon père souriait. Je ne me souviens pas de l’avoir vu sourire ; il n’était pas dans ses habitudes de laisser transparaître sa satisfaction – en avait-il eu vraiment ?… Forgé par les épreuves, le regard sans cesse aux abois, sa vie n’était qu’une interminable enfilade de déconvenues ; il se méfiait comme d’une teigne des volte-face d’un lendemain déloyal et insaisissable. » À dix ans, le narrateur vit sur un lopin de terre avec son père, sa mère et sa sœur cadette. Leur vie n’en est pas une : ils existent, et c’est tout. En ces années 1930 en Algérie, la misère et les épidémies déciment les familles et les cheptels. Les rescapés sont contraints à l’exode ou à la clochardisation. Lorsque leurs champs sont ravagés par un incendie criminel à trois jours du début d’une récolte prometteuse, le père est contraint d’hypothéquer ses terres. Ils partent à Oran. Il semble être écrit, quelque part, que le narrateur devra partir, toujours partir, et laisser derrière lui une part de lui-même.

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Tag(s) : #Historique et faits de société
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